ans le but de rechercher de nouvelles techniques d’entraînement, leurs possibilités et leurs limites, Cheval au Naturel a invité Alessandro Lessio, entraîneur en Italie, à seller et monter un cheval entier sans bride. Alessandro devait travailler avec un jeune étalon de quatre ans, vivant dans notre groupe d’étalons célibataires sur un espace ouvert de deux hectares, qui est leur environnement habituel.

        Voilà le résultat et les commentaires d’Alessandro.

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Cheval au Naturel : Qu’est pour toi une équitation naturelle ?
Alessandro : Le but, depuis toujours, est d’utiliser le cheval comme moyen de transport. On monte dessus et il nous transporte dans la direction choisie. C’est quelque chose qui n’est pas vraiment naturelle pour le cheval ! Par contre, on doit réfléchir à un moyen de se faire porter par le cheval sans lui créer de problème. Monter un cheval en équilibre, souple, léger, indépendant, sans le gêner dans ses mouvements, c’est ce qu’on peut appeler équitation "naturelle".
Le problème majeur entre un cavalier et son cheval peut se présenter lorsque le cavalier devient un poids gênant. L’idée de l’entraînement que je pratique, consiste à rester en équilibre et suivre ses mouvements. Une fois
décontracté, le cheval commencera à comprendre mes indications plus facilement et il les suivra.
CN : Dans le passé et même actuellement, l’outil principal pour positionner, immobiliser et guider le cheval est une bride avec un mors ou un licol. Les chiens, par exemple, sont dressés uniquement avec un collier. Est-ce que l’on ne peut pas procéder de manière identique avec un cheval ?
A : Je crois que monter un cheval uniquement avec un collier serait une possibilité à envisager. Mais en définitive peu importe l’outil utilisé, on devrait plutôt l’appeler "aide" et surtout pas "contrainte" !
A la base, le cavalier doit surtout quand et comment il va utiliser ces aides. Par exemple, pour tourner avec un cheval à gauche ou à........ ......       
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ou à droite, il ne faudrait pas tirer d’abord la tête du cheval dans l’une ou l’autre direction. La première indication viendrait du corps du cavalier, en gardant une attitude naturelle et sans utiliser les rênes comme signal principal. Les bons cavaliers utilisent la communication corporelle que le cheval comprend parfaitement. Mais d’autres personnes qui sont "raides" et ne sont pas habituées au rythme du cheval, ont besoin de se servir des rênes. Lorsque le cavalier connaît le langage corporel, il lui est possible d’utiliser un collier ou       
une longe autour de l’encolure, ce qui donnera les mêmes résultats, voire meilleurs qu’avec une bride. On devra comprendre le mouvement du cheval et ne pas le confronter à une obligation directe immédiate. Cela signifie mettre le cheval dans les conditions où les gestes que nous lui demanderons seront plus faciles pour lui à exécuter et le motiveront davantage. C’est la différence entre un entraînement "mécanique" et un entraînement que l’on peut appeler "naturel" !
En fait, j’observe le cheval et ce qu’il va faire naturellement avent que je ne monte dessus. Je le regarde se déplacer à droite ou à gauche, s’arrêter, reculer etc… Tout cela pour déterminer de quelle manière il peut trouver son équilibre naturellement afin de ne pas dépasser ses limites une fois monté dessus et pour que mes demandes deviennent des indications et non pas des "obligations" qui désensibiliseraient le cheval.
Si je pense que le cheval va avoir des problèmes d’équilibre avec un cavalier sur son dos, je préfère régler le problème avant de le monter. Le cheval doit être en équilibre et arriver à maintenir l’impulsion facilement tout seul dans toutes les allures. En plus de cela, je préfère que le cheval apprenne "à pied" à répondre aux demandes de mes mains, de la longe ou autre, qu’il apprenne à sentir mes actions et qu’il ne les combatte pas.
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L’idée, c’est de le faire se déplacer avec la pression de la longe contre la croupe ou les épaules pour lui apprendre à garder son équilibre et répondre aux indications. C’est quelque part plus logique que le cheval apprenne à céder à la pression de la longe plutôt qu’aux "tapettes" d’une chambrière, par exemple… Car une fois monté, c’est notre corps qui devrait petit à petit remplacer les pressions de la longe pour qu’il engage ses postérieurs, pour tourner, pour maintenir l’impulsion etc… Toutes nos demandes devront partir du centre et non pas de la tête du cheval. Par exemple, un cheval peut aaa
les choses demandées. C’est sans doute qu’on monte comme un "sac", ce qui fait que le cheval ne comprend rien parce qu’il n’y a pas de communication corporelle. Le cheval reçoit les indications au travers de sa bouche, ce qui le déséquilibre. L’idéal, c’est de travailler sur l’ensemble, trouver d’abord le centre de gravité de notre corps et puis le centre de gravité du cheval.
CN : En montant pour la première fois sur le cheval une fois qu’il est habitué à la selle, aux différentes pressions de la longe etc… comment peut-on arrêter ou faire reculer un cheval qui n'a pas de bride ?
CN : Et pour le faire reculer ?
A : Si tu souhaites faire reculer le cheval en positionnant uniquement ton corps en arrière, ça ne marchera pas ! Je veux dire que tu devrais toujours être en équilibre et en harmonie avec les mouvements du cheval. Si je demande au cheval de reculer, moi aussi je dois avoir les hanches dans une position de reculer, sinon le cheval ne comprendra pas bien ce que je lui demande.
CN : Mais un cheval qui n’a jamais été monté ?
A : Le cheval a déjà appris toutes les indications et les différents déplacements sans problème .à pied.
apprendre à reculer plus facilement avec la pression des rênes sur le poitrail plutôt
que si on lui demande de reculer en faisant pression sur sa tête.
CN : Supprimer la bride pour monter à cheval serait quelque chose de révolutionnaire et aussi une obligation pour que les cavaliers apprennent vraiment à utiliser leur corps pour guider le cheval ?
A  : Peut-être. Mais tout d’abord, il est important de comprendre pourquoi le cheval n’arrive pas à faire les

A : Bien souvent, les personnes me demandent "qu’est-ce que ça veut dite arrêter un cheval uniquement avec notre corps ? "
Quelques fois d’autres personnes vont au pas et après elles s’arrêtent en se penchant en avant. Si on essaie d’arrêter un cheval dans cette position-là, lui aussi cherchera à se pencher en avant et il ne s’arrêtera pas.

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Alors, tu n’a pas besoin d’utiliser de grandes pressions et indications pour lui
faire exécuter les choses que tu lui demandes : marcher en avant, en arrière, se déplacer latéralement etc…
Certaines fois, j’ai monté de jeunes chevaux qui se sont arrêtés tout de suite dès le premier signal de mon corps. Quand je les ai montés pour la première fois, j’ai demandé un peu de pas et dès que je me suis "arrêté", le cheval s’est arrêté. Je n’ai même pas eu besoin de toucher les rênes. Idem au trot pour la première fois !
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" Etre en équilibre et en harmonie avec les mouvements du cheval est primordial. "
Cela ne marche pa toujours. Peut-être que le cheval, à ce moment-là, n’est pas concentré ou qu’il n’est pas motivé. Mais, s’il est à l’écoute, il devrait s’arrêter lorsque tu lui donnes la bonne indication avec ton corps.
C’est exact que s’il n’est pas concentré à cet instant précis, on peut utiliser une aide, une longe par exemple, pour lui indiquer l’arrêt. S’il a déjà compris que la longe est une limite à ne pas dépasser, il va s’arrêter.
C’est dans la nature du cheval de fuir d’abord lorsqu’il a un problème quelconque et d’en comprendre la cause juste après. Si nous ne sommes pas la cause de son problème, alors c’est à nous de changer cette habitude naturelle du cheval et de lui faire comprendre qu’il n’est pas obligé de fuir dans le cas d’un problème. Il devra "mémoriser" lorsqu’il entendra un bruit, qu’il n’est pas nécessairement obligé de fuir et de dépenser son énergie, car ce bruit ne signifie pas un danger et ce n’est donc pas un problème.
On peut parvenir à lui apprendre cela uniquement si le cheval nous considère comme un guide, comme une référence. Si mon attitude corporelle reste à la fois calme et relaxée en présence du cheval, lorsqu’il va ressentir un problème, son attitude va changer : il ne va pas fuir parce que je ne "fuis" pas, moi non plus.
C’est donc à moi de transmettre au cheval la sérénité et la sécurité. Si le propriétaire a peur, le cheval a peur lui aussi. Si le cavalier est tranquille, le cheval le devient également. Si le cavalier fait preuve de patience, le cheval sera patient. Lui apprendre à imiter mon comportement constitue une évolution de l’entraînement et est primordial, si l’on souhaite un jour monter à cheval sans bride.
Une fois le cheval "éduqué" dans ces conditions-là, il va suivre son cavalier et tous les deux s’apparentent en quelque sorte à un couple de danseurs, mais c’est toujours le cavalier qui mène. S’il tourne, le cheval va tourner. Si le cavalier "s’arrête", le cheval sous lui s’arrête aussi. Si le cavalier reste tranquille, le cheval reste tranquille également. En fait, c’est un art de communication vieux comme le monde ! Le cheval qui "danse" avec son cavalier, à la fois relaxé, en équilibre et en toute confiance.

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